Se qualifier pour l’Ironman d’Hawaii, partie 2: la mise en oeuvre

Se qualifier pour l’Ironman d’Hawaii, partie 2: la mise en oeuvre

Maintenant que l’idée a germé dans le cerveau, que le truc vous prend un peu aux tripes et vous donne bien envie, qu’est-ce qu’on en fait?

Nous avons évoqué la notion d’objectif dans le premier volet. Complétons-là.
Vous avez identifié que cette idée est importante pour vous, il va falloir maintenant la transformer en objectif qui fasse sens et surtout que l’on peut matérialiser, mesurer, motiver…. Comment aller quelque part si on ne sait pas où?
(C’est l’élément clé du travail en coaching mental)

Pour l’atteindre, dans le cas d’une épreuve sportive, ça passe généralement par réaliser sa performance “optimale” (En particulier pour une qualification pour Kona). Penchons-nous sur les éléments qui favorisent cette performance. A ce moment de réflexion, l’une des questions fondamentales est “qu’est-ce que je suis vraiment capable de faire?”. Lui apporter une réponse objective va déterminer tout le reste, et notamment la précision de l’objectif.

Vous voilà “project manager” de votre idée, c’est vous qui allez mener votre projet à sa réalisation. Vous n’êtes pas uniquement l’athlète, le prestataire ou l’exécutant. Vous êtes le décideur. Je vois souvent des athlètes s’en remettre à leur entraineur, leur nutritioniste, leur kiné, à leur “staf” etc… en leur laissant les rênes de leur réalisation. C’est délicat. Il est impossible de déléguer la connaissance de ses potentialités, ce qui est important pour soi, son niveau de motivation, un programme de courses de préparation, etc…
Certes, décider, c’est aussi s’engager personnellement, prendre un risque, celui d’échouer et ne le devoir qu’à soi. Gardez à l’esprit que c’est aussi le moyen de réussir ce qui nous tient à coeur.

C’est pourquoi la question des capacités nécessite une vraie introspection et qu’un coaching qui prend en compte ces aspects personnels permettra de constituer un véritable socle de réussite, votre comportement et attitude étant conditionnés par vos pensées. La question se pose, si vous devez faire un choix, de ce qui vous permettra d’être le plus performant: un matériel plus haut de gamme, une formule d’entrainement d’entrainement plus personnalisée, ou un investissement sur soi et ses pensées que l’on  fait une fois pour toute (Petite note: Pour un prix inférieur au ticket d’entrée de Kona…. Ou encore qu’une paire de roues carbone de très moyenne gamme)

Pouvez-vous dire précisément de quoi vous êtes capable et en relation, fixer précisément ce que vous pourriez faire? Sinon, qu’est-ce qui vous manque pour pouvoir le faire?

Avec les années Team UP2 et un certain temps dans le triathlon, j’ai cette sensation que peu de triathlètes prennent le temps de mesurer exactement leurs capacités. Elles sont bien souvent méconnues, alors qu’il me semble que l’entrainement doit servir à cela, en plus de bâtir une condition physique. Vers quoi s’engage t’on réellement? Comment réaliser un rêve dont on ne sait pas si on en a la possibilité?
J’ai aussi noté que les temps du marathon d’Ironman sont généralement très aléatoirement prédits, et bien pessimistes au regard des capacités réelles, peut-être pour éviter les déconvenues. En gros, on termine comme on le peut et sur un malentendu, ça peut passer. Cela traduit une mauvaise connaissance de soi (et confiance en soi) et une définition d’objectif aléatoire. Difficile d’imaginer une qualification dans ces conditions, la densification des niveaux ne laisse pas assez de marge pour éviter de s’engager sur ses capacités. C’est s’en remettre à une forme de loterie, peu motivante en compétition.

Comment connaitre ses capacités réelles?

Il y a tellement d’outils qui donnent un feedback très intéressant, y compris avec des analyses par des processus d’intelligence artificielle. Pourquoi ne pas travailler avec votre entraîneur sur ce sujet? Demandez lui de vous aider à définir les meilleures séances et tests qui vous donneront une connaissance précise de votre potentiel. Apprenez à déchiffrer, même sommairement, vos résultats, séances d’entrainement, vos progressions. Et apprenez de quoi vous êtes capable et ce que vous devez améliorer.

Cette connaissance de soi est donc indispensable et elle vous incombe.

De vos capacités, vous déterminerez un résultat souhaité et votre objectif. Comme vu dans le volet 1, Il n’y a que vous qui sachiez vraiment pourquoi vous souhaitez le faire.
Pour atteindre cet objectif, vous aurez besoin de motivation. Sans rentrer dans les détails, sachez qu’elle dépend aussi de votre objectif. C’est circulaire.
Si vous sous-estimez ce que vous souhaitez réaliser, qui revient à sous-estimer (volontairement ou non) vos capacités, vous fixerez un objectif trop peu chalengeant. Et inversement.
Dès lors, comme l’attestent les modèles psychologiques, vous avez peu de chance d’y trouver une véritable satisfaction.
Au mieux, votre entrainement et votre compétition prendront la forme d’un passe temps. Au pire, cela deviendra une contrainte. Vous réaliserez probablement ce que vous souhaitiez mais le niveau de maîtrise trop important ne vous permettra pas d’y prendre le niveau de plaisir que l’on peut en retirer, pourra vous faire basculer dans l’ennui peu moteur. Ou à l’inverse générer un stress qui peut se transformer en panique le jour de la compétition.
Il suffit souvent de lire les compte-rendus de course pour se rendre compte que la compétition laisse souvent un goût d’inachevé. Logique si vous avez sur-estimé ou sous-estimé (le plus souvent le cas) vos capacités.

Les investissements (finances, énergie, temps, impact familial) consentis – parfois exagérément par méconnaissance de la performance à réaliser et de ses capacités – me semblent valoir la peine de se pencher un peu sur la question (c’est un avis très personnel) et de mettre toutes les chances de son côté pour générer un peu d’état de motivation intrinsèque – de Flow quoi…. Un Ironman, ça peut devenir assez longuet et générer une souffrance qui n’est pas forcément associée au plaisir du moment.  Alors qu’avec un objectif spécifique, clair et précis, en relation avec vos capacités, vous vivrez une expérience unique.

Récapitulons.

D’abord, l’idée, ce qui est important pour vous.
Ensuite, apprendre de quoi vous pensez être capable, mesures à l’appui, pour fixer un objectif qui soit vraiment en rapport avec ce que vous souhaitez  et pouvez faire.
Enfin, une stratégie qui vous permettra d’identifier les moyens à mettre en oeuvre – si vous êtes prêt à le faire, la clé est probablement là – temps, finances, entrainement, apprentissages, aspects techniques, etc…. Vous pourrez identifier les personnes compétentes dont l’expertise vous aidera à mener à bien votre projet, tout en gardant le leadership, si vous  souhaitez faire appel à des « prestataires ». Cette option émergera des moyens à mettre en oeuvre.
Il ne vous restera ensuite plus qu’à mettre cette stratégie en oeuvre, la motivation suivra.

Cette phase de définition peut-être réalisée avec l’accompagnement d’un coach mental dont c’est précisément le travail. Comme avec un dirigeant d’entreprise, un manager, il vous permettra de réunir vos ressources personnelles de manière optimale pour la définition de votre projet. Il vous permettra surtout d’en rester totalement maître, en respectant le fondement: ce qui est important pour vous.

Pour autant, est-ce que vous vous qualifierez? (Vu que c’est la question de base….)

Comme indiqué dans la première partie de ce thème (volet 1), un objectif de qualif n’est pas entre vos mains. Personne ne peut vous en “vendre” ou garantir l’atteinte: vous pourrez tout à fait réaliser une course parfaite, atteindre votre objectif tout en passant à côté de la qualif, même pour 5 secondes.

Serez-vous déçu? Non. Si vous avez travaillé correctement sur votre objectif, vous ne serez pas déçu. Au contraire. Vous aurez réalisé ce dont vous êtes vraiment capable, la meilleure course possible du moment et cette sensation n’a pas d’équivalent en terme de satisfaction. Elle ne laisse aucune place à la frustration ou la déception.
Avant cela, vous arriverez serein et confiant le jour de la compétition, après une chouette période d’entrainement, qui vous aura permis d’équilibrer et respecter vie perso, vie de famille, boulot et ressentir un vrai plaisir dans des entraînements volontaires et motivants

Cette sérénité, c’est la confiance. C’est croire en vous. Elle ne s’explique pas, elle vient de dedans, il faut travailler pour cela. Elle ne se commande pas, ne s’achète pas. Au grand désarroi des “rationnalisateurs” pas de garantie possible, d’explications de choses qui marchent assurément, de méthodes et techniques à appliquer à la lettre. C’est à vous de créer cet état mental: il va falloir s’engager et croire que vous allez le faire, inconditionnellement. L’entrainement acharné ne produit pas l’effet rassurant recherché et c’est logique: le jour de la compétition, vous ferez face à des conditions qui diffèrent de celles de vos entrainement, vous devrez avoir appris et savoir vous adapter aux situations. C’est le seul moyen efficace et complet de réduire l’incertitude.
Les grands utilisateurs du cerveau gauche devront jouer à l’équilibre en introduisant peut-être un peu malgré eux l’utilisation du cerveau droit. Cette démarche de créativité, d’intuition est un élément incontournable de votre réussite et de votre plaisir. Vous devez sortir de votre maîtrise.

Cette confiance naît de la conscience de vos capacités, d’un objectif en relation, d’un alignement personnel résultant de l’équilibre de votre projet. Elle donne ce lâcher-prise particulièrement agréable, notamment en avant-course, sans stress. Juste l’envie. Elle génère une forte motivation tout au long de la compétition et rien ne vous détourne de votre action. Vous faites et vous savez que vous faites bien. Elle vous fait réussir. C’est un gros kif.

Si vous avez estimé objectivement votre potentiel et envisagé un voyage dans le Pacifique, vous pourriez bien avoir un sacré effet Kiss Cool à la clé, et devoir débourser – avec un plaisir dingue puisque vous l’avez déjà intégré dans les moyens nécessaires – un petit millier de dollars le lendemain. Il y a des choses qui ramènent sur terre 🙂

Pour l’avoir vécu à plusieurs reprises, je vous le souhaite. Gardez à l’esprit que l’Ironman et Kona n’ont pas l’exclusivité de ce niveau de satisfaction, bien loin de là. Mais reconnaissons qu’ils sont un moyen efficace de l’obtenir.

Olivier eFIKCe

Fondateur eFIKCe

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