De quoi je pense être capable et la performance sportive en marathon, triathlon…

De quoi je pense être capable et la performance sportive en marathon, triathlon…

Nous avons tous un cerveau. Bonne nouvelle, non?
Comment l’utilisons-nous? On entend souvent: le mental fait tout. C’est grâce à lui qu’on est allé au bout. Vrai? Faux? C’est quoi le mental? Et comment le travaillez-vous spécifiquement?
Il parait évident d’aller faire quelques sorties à pied pour se préparer à une épreuve de course à pied. Voire de faire appel à un coach sportif. Mais quid de votre programme d’entrainement du cerveau? Utilisez-vous vos séances d’entrainement comme des 2-en-1: physio et psycho? Quelle est l’efficacité sur ce dernier plan?
Quelles sont les fondations de votre psychologie? Que pensez-vous de vous? De quoi pensez-vous être capable?

Prenons un exemple hors sport:
Mon fils se balance sans se poser de questions d’un rocher de 10m de haut. Il n’a aucun doute sur ses capacités.
Ma fille se place sur le même rocher, puis descend d’un cran, pour trouver le bon compromis de hauteur.
Elle réfléchit encore un peu de temps, et se jette finalement à l’eau. Elle remonte et saute sans plus se poser de questions.
Vous avez probablement expérimenté vous-même ce genre de situation.
Sauter dans l’eau ne demande pas de compétences particulières: il suffit de se laisser tomber.
Entre son 1er et son 2ème saut, ma fille n’a pas vraiment acquis de nouvelles compétences techniques.
La différence entre les 2: au premier, elle ne pensait pas être capable. Au 2ème, elle n’a plus de doute puisqu’elle vient de le confirmer par l’expérience.
(ça introduit aussi le rôle fondamental de l’émotion dans la mise en action ou non)

Cet exemple rejoint une théorie majeure de la psychologie, la théorie socio-cognitive et notamment la notion de sentiment d’efficacité personnelle (d’Albert Bandura): ce dont on pense être capable, peu importe la situation que l’on vit.
Celui qui pense ne pas pouvoir courir dans la durée hésitera à s’inscrire sur un marathon, même s’il en est physiquement capable (si vous y réfléchissez, parcourir 42km est bien plus accessible qu’on ne le pense, le nombre et les profils des personnes qui y parviennent le confirme. Peut être faut il juste revoir certaines approches et les objectifs: courir tout le long? Marcher? ….).
A l’inverse, une personne trop sûre d’elle devant une situation donnée peut avoir quelques surprises. La sagesse populaire dit “Il ne doute de rien”. Sachant qu’on ne peut pour autant absolument pas présager de l’issue favorable ou défavorable. Ca dépendra des ressources de l’individu, à la fois physiques et psychologiques.
Il y a donc un équilibre à trouver et il est totalement personnel.

Alors, comment passer de “je pense ne pas être capable” à “je pense que je suis capable”.
Il y a cette certitude ancrée que l’entrainement va permettre de développer les capacités pour courir un marathon. Nous avons tous le réflexe “Plus je me rapproche de la distance, et plus je pense en être capable”. Sur un Ironman, souvent, on veut d’abord tester chacune des distances pour se convaincre que l’on peut le faire – on en revient toujours au même point.
Pour autant, le planning physio le plus efficace n’est pas forcément axé sur le volume d’entrainement.
Doit-on avoir fait 4km de nat, 180km de vélo et un marathon pour être certain de faire un Ironman? Doit-on faire les 170 bornes de l’UTMB pour être certain de le boucler? Non. Je choisis de me rapprocher des distances « objectif » principalement pour me rassurer au sujet de ce que je pense de mes capacités « à faire ». C’est le moment où l’on rencontre les limites de l’entrainement physique.

Il existe quelque chose d’autre, de plus systématique, qui permet de faire face à n’importe quelle situation.
C’est avant tout au niveau des pensées que cela se joue: au départ de son premier marathon, il n’y a aucune certitude d’avoir effectivement les capacités à faire. Ni même au deuxième, etc…. On ne le saura qu’en franchissant la ligne. C’est autre chose qui nous pousse à l’action et nous motive.

Si ma fille avait eu une expérience déplaisante au premier saut du rocher, elle aurait probablement arrêté de sauter. En fait, elle aurait simplement renforcé l’idée qui l’a faite hésiter à sauter. On imagine que la fois suivante, elle aurait hésité encore plus.
Nos expériences fabriquent notre réalité. La réalité de mon fils n’est pas la même que celle de ma fille, même s’ils sont sur le même rocher. Il n’y en a pas une plus belle ou meilleure que l’autre. Tant qu’on est Ok avec ce qu’elle représente pour nous.
Chaque coup de bras, chaque coup de pédale, chaque foulée, chaque geste, chaque action, chaque décision dépendent de cette réalité et la manière dont nous actionnons notre cerveau.
Voilà où l’accompagnement psychologique intervient fondamentalement. Dans l’application au sport, ce rôle dépasse de beaucoup le cadre initial, et permet bien souvent une redéfinition de sa réalité vers quelque chose d’encore plus sympa.

Ce sont quelques bases de réflexion aux aspects et l’intérêt de l’accompagnement psychologique. En intégrant l’ensemble des ressources de l’athlète (internes – capacités, pensées, identité – et externes – entrainement, préparation mentale, matériel…), il lui permet « systématiquement » de s’aligner sur ses objectifs et vivre ses expériences en relation avec ses capacités. Un monde de satisfaction et de plaisir.

Olivier eFIKCe

Fondateur eFIKCe

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