Category ArchivePréparation Mentale

Conférence: le lien bien-être / motivation

Conférence dans le cadre de la semaine du bien-être organisée pour les collaborateurs du Palais des Festivals de Cannes.

A l’heure de la rentrée, comment se sentir bien, comment rester motivé dans ses résolutions. D’où viennent t’elles?  Qu’est-ce que le bien-être?

On parle aujourd’hui beaucoup de bien-être, notamment de bien-être au travail.
Quelques éléments en relation avec notre fonctionnement d’êtres humains. Nos capacités et dispositions au bien-être.

Quel est le lien avec les mécanismes de motivation? Doit-on être motivé pour se sentir bien. Ou nous sentons-nous bien quand nous sommes motivés?

Le lien à la définition de ses objectifs et la gestion du stress

L’application des mécanismes de motivation au travail peut permettre de mieux comprendre comment se sentir bien dans son activité de tous les jours, sans forcément considérer des activités de compensation.

Retrouvez tous ces sujets évoqués dans le cadre de la conférence/présentation eFIKCe Bien-être et motivation.

Article TriMag Numéro Avril – Résumé

Il est de plus en plus question de mental et de préparation mentale dans les lectures, émissions, souvent en relation avec le sport et en particulier la performance.
Tendance et effet de mode naissante? Ou nécessité? La pratique du triathlon est-elle concernée? En avez-vous besoin à votre niveau? Comment le faire et Avec qui? Comment l’articuler avec la préparation physique?

Mental, sport et Performance
Albert Bandura, psychologue, explique le lien du mental à la performance sportive:

« le succès lors de compétitions sportives requiert plus que des aptitudes physiques. Il est aujourd’hui largement reconnu que des facteurs cognitifs jouent un rôle important dans le développement et le fonctionnement sportif” (Bandura, Auto-efficacité, 2007)

Quand on parle sport et performance, le concept de flow s’impose. Selon son auteur, le psychologue Mihály Csíkszentmihályi,

vivre le Flow, c’est un sentiment de maitrise ou contrôle d’une activité qui représente un vrai défi par rapport à son niveau de compétences. On ne ressent ni anxiété ni ennui. La concentration sur le présent est totale, on ne voit pas le temps passer. Les préoccupations à propos de soi-même disparaissent – après coup, on ressent le sentiment d’avoir transcendé son ego à tel point qu’on ne croyait pas cela possible. Il est question de bien-être, de sérénité, et même d’extase. L’activité qui produit le « Flow » devient une récompense en soi. On a l’impression d’être en dehors de la réalité quotidienne (Csikszentmihalyi, Flow, 2004).

L’état de Flow favorise la performance. C’est l’objectif de la préparation mentale.

Pourquoi a t’on besoin de préparation mentale?
Un jour, une idée: faire un triathlon. Vous vous êtes mis à l’entrainement et vous projeter sur ce jour vous fait vibrer et soulève des interrogations. Quel matériel utiliser? Comment m’entrainer? Suis-je capable de réussir ce que j’aimerais? Comment y parvenir? etc…
Que l’on soit débutant ou plus aguerri, nous nous posons beaucoup de questions. Le côté imprévisible de la compétition en fait la singularité et l’attrait et peut générer des doutes sur nos capacités.
Nous essayons de les écarter par notre entrainement: si nous pouvons enchainer les distances, en reconnaissant les parcours de la course, imaginer nos temps de course, réaliser des séances sur les bases souhaitées, en toute logique nous devrions savoir faire.
Pourtant, l’entrainement physique n’est pas suffisant pour réussir sa performance. Même lorsque les séances clés confirment nos attentes et le niveau de forme, il n’est pas rare de rater l’objectif fixé.
Réaliser la performance prévue le jour J, c’est être capable d’utiliser ses capacités dans une situation différente de l’entrainement par son enjeu. La logistique de déplacement, le nombre d’athlètes au départ, la météo, l’organisation, le timing, le départ, l’inconfort de l’effort continu, la fatigue, etc…sont autant d’éléments qui mettent la pression quand on veut réussir sa perf et en font une situation stressante. Il va falloir gérer le stress pour concrétiser ses efforts et réussir à atteindre l’objectif.
En contrepartie, ce stress témoigne du côté exceptionnel et motivant de l’évènement qui a mobilisé notre temps, notre énergie ces dernières semaines. Il va potentiellement nous permettre de mobiliser nos ressources à un niveau supérieur pour réaliser notre performance, vivre du Flow et ses effets positifs….
Comment utiliser cette dynamique pour atteindre son objectif? Par la préparation mentale.

Comment se préparer mentalement?
Nous nous préparons tous mentalement sans le savoir. Projection, motivation, concentration… pour arriver le jour de la compétition dans les meilleures dispositions.
Vous avez peut-être besoin de structurer votre préparation mentale. Réalisez-vous les performances attendues? Pensez-vous être trop stressé avant et pendant vos compétitions ou au contraire, aimeriez-vous l’être plus? Etes-vous régulièrement blessé? Au mauvais moment? Avez-vous du mal à gérer la blessure?
Un aspect de la préparation mentale est l’état des lieux des « habiletés mentales ». Inventaire personnel à faire pour identifier de quoi vous pensez être réellement capable, ce qui est important pour vous, … Mieux vous connaitre est incontournable et un formidable voyage. En découle un objectif satisfaisant, plein de sens, dans lequel vous projetterez avec plaisir, générateur de motivation, confiance, concentration….
La préparation mentale, c’est aussi un ensemble d’outils spécifiques, autant de techniques d’optimisation de vos habiletés.
Faire appel à un préparateur mental
Le préparateur mental est un professionnel qui justifie des connaissances et compétences requises en préparation mentale pour mener à bien la mission que vous lui confiez et respecter votre personne en évitant les pièges de la relation d’accompagnement.
Votre préparateur mettra ses compétences au service de votre progression vers l’autonomie (ça fait partie de ses obligations) pour l’atteinte de l’objectif, en utilisant les outils les plus efficaces et les plus rapides: la démarche est limitée dans le temps.
Imaginez que vous avez ébauché un dessin qui représente l’objectif et la préparation de votre prochain triathlon. Votre préparateur possède une boite avec gommes, crayons, peinture, etc… outils qu’il vous montrera comment utiliser. Il a aussi une lampe spéciale qu’il va diriger sur votre dessin, pour l’éclairer différemment. Cette lumière particulière fera ressortir des détails que vous n’aviez pas encore remarqués.
Certains pourront être modifiés, améliorés, effacés. D’autres non. Puisque vous aurez appris à vous servir des outils, vous les utiliserez pour compléter et modifier vous-même votre création selon vos besoins, sous l’oeil attentif et bienveillant de votre préparateur. Progressivement, le dessin répondra à vos attentes, jusqu’à votre touche finale.
Ayant gardé les outils et la lampe, vous recommencerez à l’envie, en maitrisant chaque fois un peu mieux votre approche. Un autre dessin en plus du premier, et ainsi de suite. Ces dessins s’ajouteront à d’autres pour former une fresque remarquable, la vôtre.
C’est une illustration du rôle du préparateur mental. C’est également un exemple d’exercice d’entrainement mental. Les possibilités sont infinies. Le point de départ est l’accompagnement. Le reste vous appartient.

Que retenir?
Tout débute par l’objectif: ce que nous aimerions vraiment pouvoir faire, précisément. C’est ce qui est important pour nous et que nous rêvons secrètement d’accomplir, convaincus d’en être capable. Notre performance.
La préparation mentale, c’est gommer les doutes et créer cette conviction que l’on sait faire et que l’on saura faire ce dont nous rêvons, en restant très attentif à utiliser toutes nos ressources et capacités pour faire face au mieux aux imprévus des situations rencontrées.
C’est un formidable outil lorsqu’elle est structurée. Elle complète très efficacement toutes les autres phases d’une préparation à la performance, notamment la préparation physique.
La préparation mentale s’adresse à tous ceux qui souhaitent accéder à leurs capacités optimales de performance, vivre leur pratique compétitive dans l’équilibre et avec un plaisir inégalé. Ses effets dépassent le simple cadre de votre objectif et de la pratique sportive.
Essayez, vous allez vous étonner et vous régaler.
Bon Flow.

Se qualifier pour l’Ironman d’Hawaii, partie 2: la mise en oeuvre

Maintenant que l’idée a germé dans le cerveau, que le truc vous prend un peu aux tripes et vous donne bien envie, qu’est-ce qu’on en fait?

Nous avons évoqué la notion d’objectif dans le premier volet. Complétons-là.
Vous avez identifié que cette idée est importante pour vous, il va falloir maintenant la transformer en objectif qui fasse sens et surtout que l’on peut matérialiser, mesurer, motiver…. Comment aller quelque part si on ne sait pas où?
(C’est l’élément clé du travail en coaching mental)

Pour l’atteindre, dans le cas d’une épreuve sportive, ça passe généralement par réaliser sa performance “optimale” (En particulier pour une qualification pour Kona). Penchons-nous sur les éléments qui favorisent cette performance. A ce moment de réflexion, l’une des questions fondamentales est “qu’est-ce que je suis vraiment capable de faire?”. Lui apporter une réponse objective va déterminer tout le reste, et notamment la précision de l’objectif.

Vous voilà “project manager” de votre idée, c’est vous qui allez mener votre projet à sa réalisation. Vous n’êtes pas uniquement l’athlète, le prestataire ou l’exécutant. Vous êtes le décideur. Je vois souvent des athlètes s’en remettre à leur entraineur, leur nutritioniste, leur kiné, à leur “staf” etc… en leur laissant les rênes de leur réalisation. C’est délicat. Il est impossible de déléguer la connaissance de ses potentialités, ce qui est important pour soi, son niveau de motivation, un programme de courses de préparation, etc…
Certes, décider, c’est aussi s’engager personnellement, prendre un risque, celui d’échouer et ne le devoir qu’à soi. Gardez à l’esprit que c’est aussi le moyen de réussir ce qui nous tient à coeur.

C’est pourquoi la question des capacités nécessite une vraie introspection et qu’un coaching qui prend en compte ces aspects personnels permettra de constituer un véritable socle de réussite, votre comportement et attitude étant conditionnés par vos pensées. La question se pose, si vous devez faire un choix, de ce qui vous permettra d’être le plus performant: un matériel plus haut de gamme, une formule d’entrainement d’entrainement plus personnalisée, ou un investissement sur soi et ses pensées que l’on  fait une fois pour toute (Petite note: Pour un prix inférieur au ticket d’entrée de Kona…. Ou encore qu’une paire de roues carbone de très moyenne gamme)

Pouvez-vous dire précisément de quoi vous êtes capable et en relation, fixer précisément ce que vous pourriez faire? Sinon, qu’est-ce qui vous manque pour pouvoir le faire?

Avec les années Team UP2 et un certain temps dans le triathlon, j’ai cette sensation que peu de triathlètes prennent le temps de mesurer exactement leurs capacités. Elles sont bien souvent méconnues, alors qu’il me semble que l’entrainement doit servir à cela, en plus de bâtir une condition physique. Vers quoi s’engage t’on réellement? Comment réaliser un rêve dont on ne sait pas si on en a la possibilité?
J’ai aussi noté que les temps du marathon d’Ironman sont généralement très aléatoirement prédits, et bien pessimistes au regard des capacités réelles, peut-être pour éviter les déconvenues. En gros, on termine comme on le peut et sur un malentendu, ça peut passer. Cela traduit une mauvaise connaissance de soi (et confiance en soi) et une définition d’objectif aléatoire. Difficile d’imaginer une qualification dans ces conditions, la densification des niveaux ne laisse pas assez de marge pour éviter de s’engager sur ses capacités. C’est s’en remettre à une forme de loterie, peu motivante en compétition.

Comment connaitre ses capacités réelles?

Il y a tellement d’outils qui donnent un feedback très intéressant, y compris avec des analyses par des processus d’intelligence artificielle. Pourquoi ne pas travailler avec votre entraîneur sur ce sujet? Demandez lui de vous aider à définir les meilleures séances et tests qui vous donneront une connaissance précise de votre potentiel. Apprenez à déchiffrer, même sommairement, vos résultats, séances d’entrainement, vos progressions. Et apprenez de quoi vous êtes capable et ce que vous devez améliorer.

Cette connaissance de soi est donc indispensable et elle vous incombe.

De vos capacités, vous déterminerez un résultat souhaité et votre objectif. Comme vu dans le volet 1, Il n’y a que vous qui sachiez vraiment pourquoi vous souhaitez le faire.
Pour atteindre cet objectif, vous aurez besoin de motivation. Sans rentrer dans les détails, sachez qu’elle dépend aussi de votre objectif. C’est circulaire.
Si vous sous-estimez ce que vous souhaitez réaliser, qui revient à sous-estimer (volontairement ou non) vos capacités, vous fixerez un objectif trop peu chalengeant. Et inversement.
Dès lors, comme l’attestent les modèles psychologiques, vous avez peu de chance d’y trouver une véritable satisfaction.
Au mieux, votre entrainement et votre compétition prendront la forme d’un passe temps. Au pire, cela deviendra une contrainte. Vous réaliserez probablement ce que vous souhaitiez mais le niveau de maîtrise trop important ne vous permettra pas d’y prendre le niveau de plaisir que l’on peut en retirer, pourra vous faire basculer dans l’ennui peu moteur. Ou à l’inverse générer un stress qui peut se transformer en panique le jour de la compétition.
Il suffit souvent de lire les compte-rendus de course pour se rendre compte que la compétition laisse souvent un goût d’inachevé. Logique si vous avez sur-estimé ou sous-estimé (le plus souvent le cas) vos capacités.

Les investissements (finances, énergie, temps, impact familial) consentis – parfois exagérément par méconnaissance de la performance à réaliser et de ses capacités – me semblent valoir la peine de se pencher un peu sur la question (c’est un avis très personnel) et de mettre toutes les chances de son côté pour générer un peu d’état de motivation intrinsèque – de Flow quoi…. Un Ironman, ça peut devenir assez longuet et générer une souffrance qui n’est pas forcément associée au plaisir du moment.  Alors qu’avec un objectif spécifique, clair et précis, en relation avec vos capacités, vous vivrez une expérience unique.

Récapitulons.

D’abord, l’idée, ce qui est important pour vous.
Ensuite, apprendre de quoi vous pensez être capable, mesures à l’appui, pour fixer un objectif qui soit vraiment en rapport avec ce que vous souhaitez  et pouvez faire.
Enfin, une stratégie qui vous permettra d’identifier les moyens à mettre en oeuvre – si vous êtes prêt à le faire, la clé est probablement là – temps, finances, entrainement, apprentissages, aspects techniques, etc…. Vous pourrez identifier les personnes compétentes dont l’expertise vous aidera à mener à bien votre projet, tout en gardant le leadership, si vous  souhaitez faire appel à des « prestataires ». Cette option émergera des moyens à mettre en oeuvre.
Il ne vous restera ensuite plus qu’à mettre cette stratégie en oeuvre, la motivation suivra.

Cette phase de définition peut-être réalisée avec l’accompagnement d’un coach mental dont c’est précisément le travail. Comme avec un dirigeant d’entreprise, un manager, il vous permettra de réunir vos ressources personnelles de manière optimale pour la définition de votre projet. Il vous permettra surtout d’en rester totalement maître, en respectant le fondement: ce qui est important pour vous.

Pour autant, est-ce que vous vous qualifierez? (Vu que c’est la question de base….)

Comme indiqué dans la première partie de ce thème (volet 1), un objectif de qualif n’est pas entre vos mains. Personne ne peut vous en “vendre” ou garantir l’atteinte: vous pourrez tout à fait réaliser une course parfaite, atteindre votre objectif tout en passant à côté de la qualif, même pour 5 secondes.

Serez-vous déçu? Non. Si vous avez travaillé correctement sur votre objectif, vous ne serez pas déçu. Au contraire. Vous aurez réalisé ce dont vous êtes vraiment capable, la meilleure course possible du moment et cette sensation n’a pas d’équivalent en terme de satisfaction. Elle ne laisse aucune place à la frustration ou la déception.
Avant cela, vous arriverez serein et confiant le jour de la compétition, après une chouette période d’entrainement, qui vous aura permis d’équilibrer et respecter vie perso, vie de famille, boulot et ressentir un vrai plaisir dans des entraînements volontaires et motivants

Cette sérénité, c’est la confiance. C’est croire en vous. Elle ne s’explique pas, elle vient de dedans, il faut travailler pour cela. Elle ne se commande pas, ne s’achète pas. Au grand désarroi des “rationnalisateurs” pas de garantie possible, d’explications de choses qui marchent assurément, de méthodes et techniques à appliquer à la lettre. C’est à vous de créer cet état mental: il va falloir s’engager et croire que vous allez le faire, inconditionnellement. L’entrainement acharné ne produit pas l’effet rassurant recherché et c’est logique: le jour de la compétition, vous ferez face à des conditions qui diffèrent de celles de vos entrainement, vous devrez avoir appris et savoir vous adapter aux situations. C’est le seul moyen efficace et complet de réduire l’incertitude.
Les grands utilisateurs du cerveau gauche devront jouer à l’équilibre en introduisant peut-être un peu malgré eux l’utilisation du cerveau droit. Cette démarche de créativité, d’intuition est un élément incontournable de votre réussite et de votre plaisir. Vous devez sortir de votre maîtrise.

Cette confiance naît de la conscience de vos capacités, d’un objectif en relation, d’un alignement personnel résultant de l’équilibre de votre projet. Elle donne ce lâcher-prise particulièrement agréable, notamment en avant-course, sans stress. Juste l’envie. Elle génère une forte motivation tout au long de la compétition et rien ne vous détourne de votre action. Vous faites et vous savez que vous faites bien. Elle vous fait réussir. C’est un gros kif.

Si vous avez estimé objectivement votre potentiel et envisagé un voyage dans le Pacifique, vous pourriez bien avoir un sacré effet Kiss Cool à la clé, et devoir débourser – avec un plaisir dingue puisque vous l’avez déjà intégré dans les moyens nécessaires – un petit millier de dollars le lendemain. Il y a des choses qui ramènent sur terre 🙂

Pour l’avoir vécu à plusieurs reprises, je vous le souhaite. Gardez à l’esprit que l’Ironman et Kona n’ont pas l’exclusivité de ce niveau de satisfaction, bien loin de là. Mais reconnaissons qu’ils sont un moyen efficace de l’obtenir.

Se qualifier pour l’Ironman d’Hawaii, partie 2: la mise en oeuvre

Maintenant que l’idée a germé dans le cerveau, que le truc vous prend un peu aux trippes et vous donne bien envie, qu’est-ce qu’on en fait?

Nous avons évoqué la notion d’objectif dans le premier volet. Complétons-là.
Vous avez identifié que cette idée est importante pour vous, il va falloir maintenant la transformer en objectif qui fasse sens et surtout que l’on peut matérialiser, mesurer, motiver…. Comment aller quelque part si on ne sait pas où?
(C’est l’élément clé du travail en coaching mental)

Pour l’atteindre, dans le cas d’une épreuve sportive, ça passe généralement par réaliser sa performance “optimale” (En particulier pour une qualification pour Kona). Penchons-nous sur les éléments qui favorisent cette performance. A ce moment de réflexion, l’une des questions fondamentales est “qu’est-ce que je suis vraiment capable de faire?”. Lui apporter une réponse objective va déterminer tout le reste, et notamment la précision de l’objectif.

Vous voilà “project manager” de votre idée, c’est vous qui allez mener votre projet à sa réalisation. Vous n’êtes pas uniquement l’athlète, le prestataire ou l’exécutant. Vous êtes le décideur. Je vois souvent des athlètes s’en remettre à leur entraineur, leur nutritioniste, leur kiné, à leur “staf” etc… en leur laissant les rênes de leur réalisation. C’est délicat. Il est impossible de déléguer la connaissance de ses potentialités, ce qui est important pour soi, son niveau de motivation, un programme de courses de préparation, etc…
Certes, décider, c’est aussi s’engager personnellement, prendre un risque, celui d’échouer et ne le devoir qu’à soi. Gardez à l’esprit que c’est aussi le moyen de réussir ce qui nous tient à coeur.

C’est pourquoi la question des capacités nécessite une vraie introspection et qu’un coaching qui prend en compte ces aspects personnels permettra de constituer un véritable socle de réussite (Petite note: Pour un prix inférieur au ticket d’entrée de Kona…. Ou encore qu’une paire de roues carbone de très moyenne gamme).

Pouvez-vous dire précisément de quoi vous êtes capable et en relation, fixer précisément ce que vous pourriez faire? Sinon, qu’est-ce qui vous manque pour pouvoir le faire?

Avec les années Team UP2 et un certain temps dans le triathlon, j’ai cette sensation que peu de triathlètes prennent le temps de mesurer exactement leurs capacités. Elles sont bien souvent méconnues, alors qu’il me semble que l’entrainement doit servir à cela, en plus de bâtir une condition physique. Vers quoi s’engage t’on réellement? Comment réaliser un rêve dont on ne sait pas si on en a la possibilité?
J’ai aussi noté que les temps du marathon d’Ironman sont généralement très aléatoirement prédits, et bien pessimistes au regard des capacités réelles, peut-être pour éviter les déconvenues. En gros, on termine comme on le peut et sur un malentendu, ça peut passer. Cela traduit une mauvaise connaissance de soi (et confiance en soi) et une définition d’objectif aléatoire. Difficile d’imaginer une qualification dans ces conditions, la densification des niveaux ne laisse pas assez de marge pour éviter de s’engager sur ses capacités. C’est s’en remettre à une forme de loterie, peu motivante en compétition.

Comment connaitre ses capacités réelles?

Il y a tellement d’outils qui donnent un feedback très intéressant, y compris avec des analyses par des processus d’intelligence artificielle. Pourquoi ne pas travailler avec votre entraîneur sur ce sujet? Demandez lui de vous aider à définir les meilleures séances et tests qui vous donneront une connaissance précise de votre potentiel. Apprenez à déchiffrer, même sommairement, vos résultats, séances d’entrainement, vos progressions. Et apprenez de quoi vous êtes capable et ce que vous devez améliorer.

Cette connaissance de soi est donc indispensable et elle vous incombe.

De vos capacités, vous déterminerez un résultat souhaité et votre objectif. Comme vu dans le volet 1, Il n’y a que vous qui sachiez vraiment pourquoi vous souhaitez le faire.
Pour atteindre cet objectif, vous aurez besoin de motivation. Sans rentrer dans les détails, sachez qu’elle dépend aussi de votre objectif. C’est circulaire.
Si vous sous-estimez ce que vous souhaitez réaliser, qui revient à sous-estimer (volontairement ou non) vos capacités, vous fixerez un objectif trop peu chalengeant. Et inversement.
Dès lors, comme l’attestent les modèles psychologiques, vous avez peu de chance d’y trouver une véritable satisfaction.
Au mieux, votre entrainement et votre compétition prendront la forme d’un passe temps. Au pire, cela deviendra une contrainte. Vous réaliserez probablement ce que vous souhaitiez mais le niveau de maîtrise trop important ne vous permettra pas d’y prendre le niveau de plaisir que l’on peut en retirer, pourra vous faire basculer dans l’ennui peu moteur. Ou à l’inverse générer un stress qui peut se transformer en panique le jour de la compétition.
Il suffit souvent de lire les compte-rendus de course pour se rendre compte que la compétition laisse souvent un goût d’inachevé. Logique si vous avez sur-estimé ou sous-estimé (le plus souvent le cas) vos capacités.

Les investissements (finances, énergie, temps, impact familial) consentis – parfois exagérément par méconnaissance de la performance à réaliser et de ses capacités – me semblent valoir la peine de se pencher un peu sur la question (c’est un avis très personnel) et de mettre toutes les chances de son côté pour générer un peu d’état de motivation intrinsèque – de Flow quoi…. Un Ironman, ça peut devenir assez longuet et générer une souffrance qui n’est pas forcément associée au plaisir du moment.  Alors qu’avec un objectif spécifique, clair et précis, en relation avec vos capacités, vous vivrez une expérience unique.

Récapitulons.

D’abord, l’idée, ce qui est important pour vous.
Ensuite, apprendre de quoi vous pensez être capable, mesures à l’appui, pour fixer un objectif qui soit vraiment en rapport avec ce que vous souhaitez  et pouvez faire.
Enfin, une stratégie qui vous permettra d’identifier les moyens à mettre en oeuvre – si vous êtes prêt à le faire, la clé est probablement là – temps, finances, entrainement, apprentissages, aspects techniques, etc…. Vous pourrez identifier les personnes compétentes dont l’expertise vous aidera à mener à bien votre projet, tout en gardant le leadership, si vous  souhaitez faire appel à des « prestataires ». Cette option émergera des moyens à mettre en oeuvre.
Il ne vous restera ensuite plus qu’à mettre cette stratégie en oeuvre, la motivation suivra.

Cette phase de définition peut-être réalisée avec l’accompagnement d’un coach mental dont c’est précisément le travail. Comme avec un dirigeant d’entreprise, un manager, il vous permettra de réunir vos ressources personnelles de manière optimale pour la définition de votre projet. Il vous permettra surtout d’en rester totalement maître, en respectant le fondement: ce qui est important pour vous.

Pour autant, est-ce que vous vous qualifierez? (Vu que c’est la question de base….)

Comme indiqué dans la première partie de ce thème (volet 1), un objectif de qualif n’est pas entre vos mains. Personne ne peut vous en “vendre” ou garantir l’atteinte: vous pourrez tout à fait réaliser une course parfaite, atteindre votre objectif tout en passant à côté de la qualif, même pour 5 secondes.

Serez-vous déçu? Non. Si vous avez travaillé correctement sur votre objectif, vous ne serez pas déçu. Au contraire. Vous aurez réalisé ce dont vous êtes vraiment capable, la meilleure course possible du moment et cette sensation n’a pas d’équivalent en terme de satisfaction. Elle ne laisse aucune place à la frustration ou la déception.
Avant cela, vous arriverez serein et confiant le jour de la compétition, après une chouette période d’entrainement, qui vous aura permis d’équilibrer et respecter vie perso, vie de famille, boulot et ressentir un vrai plaisir dans des entraînements volontaires et motivants

Cette sérénité, c’est la confiance. C’est croire en vous. Elle ne s’explique pas, elle vient de dedans, il faut travailler pour cela. Elle ne se commande pas, ne s’achète pas. Au grand désarroi des “rationnalisateurs” pas de garantie possible, d’explications de choses qui marchent assurément, de méthodes et techniques à appliquer à la lettre. Il va falloir s’engager et croire en vous, inconditionnellement. Les grands utilisateurs du cerveau gauche devront jouer à l’équilibre en introduisant peut-être un peu malgré eux l’utilisation du cerveau droit. Cette démarche de créativité, d’intuition est un élément important et incontournable de votre réussite et de votre plaisir. Vous devez sortir de votre maîtrise.

Cette confiance naît de la conscience de vos capacités, d’un objectif en relation, d’un alignement personnel résultant de l’équilibre de votre projet. Elle donne ce lâcher-prise particulièrement agréable, notamment en avant-course, sans stress. Juste l’envie. Elle génère une forte motivation tout au long de la compétition et rien ne vous détourne de votre action. Vous faites et vous savez que vous faites bien. Elle vous fait réussir. C’est un gros kif.

Si vous avez estimé objectivement votre potentiel et envisagé un voyage dans le Pacifique, vous pourriez bien avoir un sacré effet Kiss Cool à la clé, et devoir débourser – avec un plaisir dingue puisque vous l’avez déjà intégré dans les moyens nécessaires – un petit millier de dollars le lendemain. Il y a des choses qui ramènent sur terre 🙂

Pour l’avoir vécu à plusieurs reprises, je vous le souhaite. Gardez à l’esprit que l’Ironman et Kona n’ont pas l’exclusivité de ce niveau de satisfaction, bien loin de là. Mais reconnaissons qu’ils sont un moyen efficace de l’obtenir.

Comment se qualifier pour l’Ironman d’Hawaii? (Partie 1)

Pour le triathlète et en particulier l’Ironman, Hawaii revêt une signification particulière qui peut aller au-delà de l’Ironman et du triathlon. C’est mon cas personnel: la discipline sportive et la destination ont été le support d’un cheminement qui m’a amené à la pratique du coaching mental professionnel et du projet professionnel UP2.
Voilà pourquoi je m’étais promis de parler de ce thème très accrocheur en triathlon distance Ironman: “comment se qualifier pour Hawaii?” sous l’angle de l’approche mentale.

La quête d’Hawaii concerne peu des participants au circuit Ironman. Les quelques places allouées sur chaque organisation ne pèsent pas lourd dans la balance du nombre total de participants. Pourtant, cette quête fait rêver pas mal de triathlètes, ne serait-ce que par la curiosité de ce qu’il peut représenter.
Par extension, ce dont nous allons parler ensemble est applicable à d’autres distances, d’autres contextes.
Hawaii a cette particularité d’être extrêmement significatif, un “graal”, on en fait un “objectif”.

Je vous propose de traiter le sujet sur 3 volets, 3 articles.
Le premier, général. Le contexte d’Hawaii et de sa qualif. Comment cette qualification peut-elle s’envisager?
Le deuxième: comment relier ce contexte avec tous les aspects d’une préparation, en quoi l’approche mentale est-elle fondamentale?
Le troisième, pour ceux qui essaient épreuve après épreuve sans y parvenir, comment l’obtenir, ce slot?

Attaquons donc le premier volet.
Nous avons parlé d’objectif. Chez UP2, c’est ainsi qu’on l’exprimait. L’objectif Hawaii.
Pour autant, est-ce réellement un objectif?
Pour certaines approches mentales, la qualification pour Hawaii sera considérée comme un objectif de résultat, par différence avec un objectif de performance (ou de maîtrise). On parle aussi de global et spécifique. La motivation dans toutes ses composantes (intensité, durée, direction) est grandement favorisée par la spécificité.

L’objectif de résultat est ce que l’on veut atteindre et qui ne dépend pas uniquement de soi. L’objectif de performance est ce que l’on veut atteindre et qui dépend entièrement de soi, nous n’avons pas la maîtrise de l’atteinte de cet objectif.

Ainsi, améliorer une capacité dépend de soi, du programme que l’on met en oeuvre.
A la différence, obtenir sa qualification pour Hawaii ne dépend pas de soi, peu importe le programme mis en oeuvre.

Voilà le point fondamental de ce premier volet.
Durant ces dernières années où je me suis intéressé à ce sujet, je me suis rendu compte que bon nombre de triathlètes visaient un temps de qualification “En faisant moins de 10h, ça passe en catégorie XX” avec une forte conviction que ça le fasse.
Est-ce le cas? Non. C’est méconnaître l’enjeu de la qualification.
Si effectivement, nous avons une maîtrise plus importante (elle n’est pas totale, pour moi, l’objectif de temps est un cas particulier) sur temps visé, pour autant, nous n’avons aucune garantie que cette année, il nous qualifie.
Il suffit que plusieurs concurrents réalisent ne serait-ce que quelques secondes de moins (et le rolling start est désormais encore plus propice à ces configurations) que le temps visé et potentiellement qualificatif pour que nous voyons le sésame s’envoler.
C’est toute la problématique de se fixer comme objectif “Qualification Hawaii”. Vous pouvez réaliser la course de votre vie, le temps prévu et passer à côté de la qualif.
La frustration sera importante, ça n’est pas cohérent puisque vous avez utilisé tout votre potentiel. Cette situation traduit juste un erreur de définition et planification de l’objectif.

Ainsi donc, tout miser sur la qualif, c’est prendre le risque d’élever inutilement le niveau de stress et la pression, entrainer des baisses de motivation dans l’entrainement et pendant la compétition, puisque potentiellement, les cartes ne sont pas entre nos mains.

Quand on sait qu’une des premières étapes pour réduire le niveau de stress d’une situation est d’avoir la conviction qu’elle est entre nos mains, c’est le début d’un cercle vicieux (voir l’article sur la motivation et l’objectif du blog) et peu plaisant. N’oublions pas que, sauf cas particulier, nous n’avons pas d’obligation et que c’est une activité de loisir, destinée à nous procurer le maximum de bien-être, avant, pendant et après.

Par les enseignements qui m’ont amené à la certification professionnelle et qui influencent ma pratique du coaching mental, je ne travaille que sur un objectif spécifique avec un coaché.

La qualification pour Hawaii est le point d’entrée du coaching, et nous avançons sur un objectif dérivé de cette demande. Un coach mental pourra vous guider dans cette démarche pas forcément évidente mais qui va grandement conditionner le bien-être de votre période de préparation jusque votre Ironman, vous permettre d’y prendre plaisir et d’en obtenir la satisfaction attendue.

C’est d’ailleurs comme cela que j’ai géré mes qualifications. La qualification n’était qu’une des conséquences possibles (certes espérée) de la réussite de mon objectif spécifique.

Pour faire une synthèse. L’idée de vous qualifier vous trotte dans la tête?
Quelle est votre réponse à  “c’est quoi Hawaii pour moi?”. Votre objectivité et la confiance que vous placez en vous vous aideront à obtenir la réponse. Si vous souhaitez vraiment valider avec assurance cette étape fondamentale de votre projet, l’accompagnement d’un professionnel vous guidera efficacement sur la route de l’intuition.
Si, au fond de vous, l’idée est là pour toute autre raison que ces motivations extérieures (et peu durables) du style c’est la mode, ça fera bien de dire qu’on vise la qualif, ça fera plaisir à la famille, ça épatera la galerie, je ferai la une de triathlète, avant tout l’objectif du coach, etc…), c’est qu’intuitivement, vous savez que cela est possible. Vous êtes alors au début d’un sacrément chouette chemin, et vous venez de faire le premier pas.
Probablement le plus difficile de toute l’aventure, celui qui la légitime, lui donne sa dimension et la motivation durable et solide. Ce premier pas est le générateur de votre plaisir jusque bien après la fin de ces moments privilégiés, ne le négligez pas.

Donner le meilleur de soi au meilleur moment pour vous

Que ressentez-vous quand vous pensez à cette présentation que vous devez réaliser prochainement? Vous avez travaillé de longues semaines sur votre document. Vous avez réalisé un super boulot, il vous ressemble: vous y avez mis toutes vos compétences et votre professionnalisme, vous vous êtes passionné(e) pour ce travail, vous êtes convaincu(e) d’apporter quelque chose à vos collègues, à vos collaborateurs. Il ne vous reste maintenant plus qu’à le présenter, le mettre en valeur. C’est un moment important pour vous.

Vous avez donc apporté le même soin à votre présentation. Vous l’avez répétée maintes et maintes fois, vous êtes parfaitement à l’aise avec son déroulement, parfaitement dans le timing sur les dernières répétitions. Il n’y a plus qu’à.
Et pourtant, vous vous sentez nerveux(se). Malgré tous vos efforts de préparation, est-ce que vous pourrez réaliser cette présentation qui vous tient à coeur aussi bien que vous le souhaitez? Vous avez déjà vécu ce type d’expérience, et vous êtes convaincu(e) que rien ne se passe comme prévu, et finalement, vous êtes déçu(e) de ne pas avoir pu vous exprimer comme vous étiez en mesure de le faire pendant vos répétitions, alors que vous maîtrisiez pleinement votre sujet. Vous avez ce sentiment d’insatisfaction d’un travail inachevé et d’une occasion ratée.

On retrouve ce type de situation dans tous les domaines de la vie. Passage d’un examen, compétition sportive, réunion, entretien d’embauche, …., les situations qui demandent d’être présent le jour où l’on a prévu de l’être peuvent vous semblez totalement aléatoire, hors de contrôle. Cette nervosité qui vous envahit à ces occasions et vous fait perdre vos moyens vous agace, vous la trouvez presque ridicule, vous n’en êtes tout de même pas à votre première tentative.

Il n’est pas rare, devant l’enjeu, la pression, de ne pas être en mesure de reproduire ce que l’on sait faire et ce que l’on s’est entraîné à faire, inlassablement. On retrouve typiquement ce cas de figure dans les compétitions avec  un enjeu important. Le joueur de tennis qui va rater la balle qu’il mettrait 10 fois sur 10 exactement où il le souhaite à l’entrainement, le coureur qui réalise exactement les temps prévus, la gymnaste qui passe la figure même sans y penser.
Combien de sportifs produisent des performances supérieures à l’entrainement que ce qu’ils parviennent à réaliser le jour de la compétition, ce jour où ils devraient justement transformer toute cette préparation.

Quelles sont les raisons?
Albert Bandura, un des plus éminents psychologues de notre époque, nous apporte un élément de réponse qui peut paraître évident:

« Il est en effet facile d’exécuter optimalement des compétences dans des conditions dépourvues d’incertitudes et de stresseurs. La vulnérabilité à l’échec […..] est le mieux démontrée dans une situation stressante » (Auto-efficacité, P570)

Qu’est-ce qu’une situation stressante? Une situation qui génère du stress. Alors, qu’est-ce que le stress?
Selon Lazarus, professeur en psychologie, pionnier de l’étude de ce phénomène, le stress – dans sa dimension cognitive – correspond à la capacité de l’individu à interpréter les situations auxquelles il est confronté et l’évaluation de ses capacités ou ressources pour y faire face. S’il ne se sent pas capable de faire face aux exigences de son environnement, il y a déséquilibre, la situation devient stressante.

On peut comprendre qu’à l’entrainement, lors de la préparation d’une présentation, des révisions, nous sommes dans un environnement maîtrisé, les aléas sont maîtrisés. Il n’y a donc pas de déséquilibre perçu, rien ne nous détourne de ce que nous faisons, nous utilisons optimalement nos capacités.
Dans les situations « d’échéance » comme une compétition, un examen, une présentation, etc… la part d’inconnu grandit, les doutes s’installent. Typiquement, lors d’une compétition sportive, répéter le geste parfaitement maîtrisé à l’entrainement face à un adversaire que l’on connait moins, dans un endroit que l’on ne connait pas, face au public, d’autres adversaires qui peuvent modifier le déroulement de la compétition, nous pouvons dès lors estimer que nous ne savons plus aussi bien faire dans ces conditions. Ce que nous savons parfaitement réaliser à l’entrainement est perturbé par cette interprétation. En réponse au stress, l’activation corporelle peut perturber nos agissements, nous faire perdre une forme de cohérence, avoir l’impression de ne plus rien savoir, etc….

Si nous revenons à la présentation citée en support de cet article, nous n’avons jamais pu la répéter face à une salle de collaborateurs, face à la direction, à un jury dont on ne sait pas comment il va nous percevoir, être d’accord avec les idées avancées, nous allons peut-être devoir faire face à l’effet démo, un slide qui ne s’affiche pas, le rétro qui tombe en panne, etc, etc….

Il est tout bonnement impossible de prévoir l’ensemble des paramètres inconnus qui vont se présenter, dans l’optique de prévoir l’imprévisible. Ce qui nous rassurerait. Avoir cerné l’ensemble des situations possibles nous donnerait cette confiance que nous sommes parfaitement capable de répondre aux exigences de l’environnement. Jusqu’au cas non prévu.

Il y a donc une autre approche pour faire face à l’imprévu, totalement. Celle de développer ce qu’Albert Bandura appelle le sentiment d’efficacité personnel. Cela revient en fait à ne pas avoir de doutes: quelle que soit la situation, nous saurons gérer le problème qui va se présenter. Ca vous parait surréaliste? Cette approche nécessite un travail spécifique, un  véritable entrainement. Accompagner la préparation rigoureuse de nos capacités par un travail visant à augmenter ce sentiment, qui nous ôtera nos doutes quant à nos capacités à faire face aux situations imprévues. Nous réduisons ainsi notre interprétation du déséquilibre et ne percevons pas la situation comme stressante.
Ce travail se fait par un coaching spécialisé en préparation mentale qui vise notamment à nous permettre de développer notre confiance en nos capacités, tout en restant conscient du fait que tout peut arriver et donc prêt à gérer l’inconnu au mieux de nos compétences.

En réalisant l’inventaire de nos habiletés mentales et en les entraînant de manière appropriée, nous serons à même d’aborder une situation stressante avec sérénité et de donner le meilleur de soi-même. Parce que tous les efforts que nous avons faits pour réaliser notre meilleur travail le valent bien.

De quoi je pense être capable et la performance sportive en marathon, triathlon…

Nous avons tous un cerveau. Bonne nouvelle, non?
Comment l’utilisons-nous? On entend souvent: le mental fait tout. C’est grâce à lui qu’on est allé au bout. Vrai? Faux? C’est quoi le mental? Et comment le travaillez-vous spécifiquement?
Il parait évident d’aller faire quelques sorties à pied pour se préparer à une épreuve de course à pied. Voire de faire appel à un coach sportif. Mais quid de votre programme d’entrainement du cerveau? Utilisez-vous vos séances d’entrainement comme des 2-en-1: physio et psycho? Quelle est l’efficacité sur ce dernier plan?
Quelles sont les fondations de votre psychologie? Que pensez-vous de vous? De quoi pensez-vous être capable?

Prenons un exemple hors sport:
Mon fils se balance sans se poser de questions d’un rocher de 10m de haut. Il n’a aucun doute sur ses capacités.
Ma fille se place sur le même rocher, puis descend d’un cran, pour trouver le bon compromis de hauteur.
Elle réfléchit encore un peu de temps, et se jette finalement à l’eau. Elle remonte et saute sans plus se poser de questions.
Vous avez probablement expérimenté vous-même ce genre de situation.
Sauter dans l’eau ne demande pas de compétences particulières: il suffit de se laisser tomber.
Entre son 1er et son 2ème saut, ma fille n’a pas vraiment acquis de nouvelles compétences techniques.
La différence entre les 2: au premier, elle ne pensait pas être capable. Au 2ème, elle n’a plus de doute puisqu’elle vient de le confirmer par l’expérience.
(ça introduit aussi le rôle fondamental de l’émotion dans la mise en action ou non)

Cet exemple rejoint une théorie majeure de la psychologie, la théorie socio-cognitive et notamment la notion de sentiment d’efficacité personnelle (d’Albert Bandura): ce dont on pense être capable, peu importe la situation que l’on vit.
Celui qui pense ne pas pouvoir courir dans la durée hésitera à s’inscrire sur un marathon, même s’il en est physiquement capable (si vous y réfléchissez, parcourir 42km est bien plus accessible qu’on ne le pense, le nombre et les profils des personnes qui y parviennent le confirme. Peut être faut il juste revoir certaines approches et les objectifs: courir tout le long? Marcher? ….).
A l’inverse, une personne trop sûre d’elle devant une situation donnée peut avoir quelques surprises. La sagesse populaire dit “Il ne doute de rien”. Sachant qu’on ne peut pour autant absolument pas présager de l’issue favorable ou défavorable. Ca dépendra des ressources de l’individu, à la fois physiques et psychologiques.
Il y a donc un équilibre à trouver et il est totalement personnel.

Alors, comment passer de “je pense ne pas être capable” à “je pense que je suis capable”.
Il y a cette certitude ancrée que l’entrainement va permettre de développer les capacités pour courir un marathon. Nous avons tous le réflexe “Plus je me rapproche de la distance, et plus je pense en être capable”. Sur un Ironman, souvent, on veut d’abord tester chacune des distances pour se convaincre que l’on peut le faire – on en revient toujours au même point.
Pour autant, le planning physio le plus efficace n’est pas forcément axé sur le volume d’entrainement.
Doit-on avoir fait 4km de nat, 180km de vélo et un marathon pour être certain de faire un Ironman? Doit-on faire les 170 bornes de l’UTMB pour être certain de le boucler? Non. Je choisis de me rapprocher des distances « objectif » principalement pour me rassurer au sujet de ce que je pense de mes capacités « à faire ». C’est le moment où l’on rencontre les limites de l’entrainement physique.

Il existe quelque chose d’autre, de plus systématique, qui permet de faire face à n’importe quelle situation.
C’est avant tout au niveau des pensées que cela se joue: au départ de son premier marathon, il n’y a aucune certitude d’avoir effectivement les capacités à faire. Ni même au deuxième, etc…. On ne le saura qu’en franchissant la ligne. C’est autre chose qui nous pousse à l’action et nous motive.

Si ma fille avait eu une expérience déplaisante au premier saut du rocher, elle aurait probablement arrêté de sauter. En fait, elle aurait simplement renforcé l’idée qui l’a faite hésiter à sauter. On imagine que la fois suivante, elle aurait hésité encore plus.
Nos expériences fabriquent notre réalité. La réalité de mon fils n’est pas la même que celle de ma fille, même s’ils sont sur le même rocher. Il n’y en a pas une plus belle ou meilleure que l’autre. Tant qu’on est Ok avec ce qu’elle représente pour nous.
Chaque coup de bras, chaque coup de pédale, chaque foulée, chaque geste, chaque action, chaque décision dépendent de cette réalité et la manière dont nous actionnons notre cerveau.
Voilà où l’accompagnement psychologique intervient fondamentalement. Dans l’application au sport, ce rôle dépasse de beaucoup le cadre initial, et permet bien souvent une redéfinition de sa réalité vers quelque chose d’encore plus sympa.

Ce sont quelques bases de réflexion aux aspects et l’intérêt de l’accompagnement psychologique. En intégrant l’ensemble des ressources de l’athlète (internes – capacités, pensées, identité – et externes – entrainement, préparation mentale, matériel…), il lui permet « systématiquement » de s’aligner sur ses objectifs et vivre ses expériences en relation avec ses capacités. Un monde de satisfaction et de plaisir.