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Conférence: le lien bien-être / motivation

Conférence dans le cadre de la semaine du bien-être organisée pour les collaborateurs du Palais des Festivals de Cannes.

A l’heure de la rentrée, comment se sentir bien, comment rester motivé dans ses résolutions. D’où viennent t’elles?  Qu’est-ce que le bien-être?

On parle aujourd’hui beaucoup de bien-être, notamment de bien-être au travail.
Quelques éléments en relation avec notre fonctionnement d’êtres humains. Nos capacités et dispositions au bien-être.

Quel est le lien avec les mécanismes de motivation? Doit-on être motivé pour se sentir bien. Ou nous sentons-nous bien quand nous sommes motivés?

Le lien à la définition de ses objectifs et la gestion du stress

L’application des mécanismes de motivation au travail peut permettre de mieux comprendre comment se sentir bien dans son activité de tous les jours, sans forcément considérer des activités de compensation.

Retrouvez tous ces sujets évoqués dans le cadre de la conférence/présentation eFIKCe Bien-être et motivation.

Le coaching: développer et entretenir la motivation pour atteindre ses buts

(Cet article est le support d’une présentation réalisée sur le thème de la motivation) – crédit photo Th. Sourbier  https://www.facebook.com/ThierrySourbier

Introduction
Le coaching a comme point central l’objectif. A partir de sa demande de départ, le coaché fixe son objectif. Souvent perçue comme objectif, cette demande sera clarifiée en début de processus de coaching pour vous permettre d’identifier quel est votre véritable objectif: celui qui valide un ensemble de critères qui permettent de prédire au mieux l’atteinte de votre but.

Un objectif est étroitement lié à votre motivation à l’atteindre. D’une part, par le sens qu’il apporte à votre action, et d’autre part, parce qu’il est nécessaire d’avoir un haut degré de motivation pour l’atteindre. Comment le générer et préserver sa motivation dans des situations moins favorables? Cette présentation introduit quelques notions importantes qui sont abordées en détail et en pratique au cours d’un coaching. En préparation mentale, la motivation est une habileté mentale qui est entraînée.
La motivation est essentiellement cognitive. Chacun peut apprendre à devenir une personne motivée.

Le lien entre émotion et motivation
Emotion et Motivation sont liées. Les 2 mots partagent la même origine latine, qui implique la notion de « bouger » « mettre en mouvement ». Littéralement, on se met en mouvement vers ou pour un objectif. La stimulation puissante de la motivation peut être traduit également par l’enthousiasme. Il est indissociable de la notion d’acquisition et de maîtrise de compétences.
La zone d’élaboration « physique » de la motivation se situe dans le cerveau limbique, ou cerveau émotionnel, dans l’amygdale, la base de données des souvenirs, émotions, ressentis…. C’est en fouillant dans cette base d’expériences que l’on identifie si une activité, situation qui se présente est plaisante et donc motivante, enthousiasmante.
L’activité du cerveau est en relation avec le niveau de motivation ou l’enthousiasme d’une personne. L’énergie psychique utilisée ou perdue est étroitement lié à la qualité de l’expérience vécue.

C’est l’observation que fait Mihaly Csikszentmihalyi dans son concept du Flow, expliquant que « de l’ordre est créé dans le cerveau dans cet état de motivation extrême », lorsque votre énergie psychique est investie pour maintenir l’état optimal. Toute l’énergie psychique qui n’est pas investie pour le but est perdue, et entraîne une désorganisation de notre cerveau, du désordre. On parle d’entropie psychique. Le niveau de stress que vous percevez est directement lié à votre motivation, et comme nous l’avons vu, à votre but et vos compétences.

La source de motivation la plus puissante est interne à une personne (motivation intrinsèque). Les récompenses, les encouragements sont simplement des suppléments de motivation. La partie externe de motivation est dite extrinsèque. En préparation mentale, le but est de susciter de hauts degrés de motivation en accédant à une motivation autonome. La plus forte motivation est l’auto-détermination, lorsqu’une activité est pratiquée pour le plaisir qu’elle procure, elle est une fin en soi: la récompense est l’activité en elle-même. Dans le concept du Flow, on parle d’activité autotélique.

Une personne traduit son degré de motivation dans sa manière de s’exprimer. Le coach spécialisé en préparation mentale est attentif à ces verbalisations du coaché et va l’accompagner en fonction dans son travail et entrainement mental, pour générer les plus hauts degrés de motivation.

Les 3 principales caractéristiques de la personne motivée

  1. Une exigence de résultat. Une personne motivée prend des risques. Ils sont calculés, mais servent un objectif ambitieux. Elle est axée sur le résultat, l’acquisition des compétences pour le réaliser, et accepte la critique qui lui permet de constamment s’améliorer.
  2. L’engagement. Une personne motivée fait preuve d’un engagement sans bornes vers son but, les valeurs collectives quand il s’agit d’un groupe ou d’une entreprise. Elle est prête à sacrifier de son temps, énergie, ressources pour atteindre l’objectif.
  3. L’esprit d’initiative et l’optimisme. Une personne motivée crée et saisit les opportunités qui se présentent à elle, au-delà les objectifs qui lui ont été fixés. Persévérante, elle a l’espoir de réussir, puissant moteur de motivation. Elle sait s’adapter aux conditions changeantes de son environnement en cas d’échec. On parle de résilience.

Ces 3 caractéristiques se travaillent. Elles ne sont pas innées, tout au plus favorisées par les expériences vécues. Tout le monde peut y avoir accès s’il s’en donne les moyens. L’intérêt: le bien-être et la satisfaction d’atteindre ses plus beaux objectifs, le développement personnel.

Comment obtient-on un haut degré de motivation?
Nous avons vu que les personnes motivées se fixent des objectifs exigeants. Dans le processus de coaching, le niveau de défi sera notamment vérifié, en rapport avec les compétences ou les capacités perçues par le coaché, ainsi que la préservation de son bien-être. Un trop haut niveau de défi en rapport avec les capacités perçues serait démotivant et aurait un impact négatif sur son entourage. C’est un aspect fondamental du coaching et la protection dont bénéficie le coaché en faisant appel à un professionnel. Exigeant ne signifie pas à n’importe quel prix.
A l’inverse, un but peu exigeant, peu précis voire non défini peut rassurer une personne qui doute de ses capacités, mais ne permet pas d’obtenir et maintenir une motivation durable. Savoir comment agir pour atteindre son but est fondamental pour produire un niveau de motivation suffisant. On apprend à se fixer un objectif.

Comment préserver sa motivation?
Nous revenons à l’idée précédemment évoquée: l’organisation du cerveau en rapport avec l’activité cérébrale. Pour atteindre son but, il est nécessaire d’avoir un niveau de stress optimal. Nous pourrions parler de chimie de l’ordre avec la mesure des catécholamines et du cortisol. Les taux observés sont en corrélation directe avec l’attention, la capacité de réflexion, l’intérêt apporté à une activité, et la perception de l’atteinte de l’objectif. Peut-on conserver un niveau de stress optimal dans une situation difficile, stressante?

Ne pas apprendre à le faire serait imprudent, puisqu’il est impossible de se prémunir des déconvenues, impondérables. Personne ne peut tracer la route idéale vers son objectif en s’imaginant qu’il ne devra pas faire face tôt ou tard à ces situations difficiles. Sans cet apprentissage, vous avez de fortes chances de perdre votre motivation et renoncer à votre objectif.

Faire face à une situation stressante ou négative s’appelle le « coping ».  Nous avons tous une capacité de coping. Bonne nouvelle, nous pouvons la faire évoluer en l’améliorant.
Cette capacité s’appuie sur 2 types de défense vis à vis d’une situation stressante. La défense immature, généralement notre première réaction, une régression ou focalisation sur le problème rencontré. Selon notre niveau de capacité de coping, la deuxième réaction est la défense mâture: on transforme la situation en événement potentiellement positif. C’est une forme de recyclage de l’énergie psychique perdue quand votre stress n’est pas optimal.

3 étapes pour y parvenir:

  1. Avoir la conviction que la situation est entre nos mains. C’est avoir de l’assurance, sans toutefois manifester son ego. C’est également l’humilité d’accepter la situation qui se présente et s’y adapter.
  2. Porter son attention sur ce qui nous entoure et ne pas se focaliser sur soi-même: oublier son ego en ne persistant pas dans une voie qui mène à une impasse. Probablement l’une des choses les plus difficiles à faire qui demande d’adapter certains aspects de notre personnalité.
  3. Découvrir de nouvelles solutions. Directement, en évitant les obstacles qui se présentent, ou indirectement en considérant la situation dans sa globalité.

En conclusion?

Si tout le monde possède les moyens de développer sa motivation, en se fixant le bon objectif, en apprenant à faire face aux imprévus et aux « échecs », il appartient à chacun d’entre nous d’apprendrez comment développer ces moyens et les mettre en oeuvre.

Faire appel à un coach peut être la première étape dans votre apprentissage et développement personnel. Le coaching ne vous apportera pas une méthode à appliquer à la lettre mais l’autonomie de votre développement. C’est peut-être elle qui vous manque pour vous fixer des objectifs ambitieux et plein de sens. Motivants et enthousiasmants.

Apprenez donc à rester motivé, ça fait du bien. En particulier au cerveau 😉

De quoi je pense être capable et la performance sportive en marathon, triathlon…

Nous avons tous un cerveau. Bonne nouvelle, non?
Comment l’utilisons-nous? On entend souvent: le mental fait tout. C’est grâce à lui qu’on est allé au bout. Vrai? Faux? C’est quoi le mental? Et comment le travaillez-vous spécifiquement?
Il parait évident d’aller faire quelques sorties à pied pour se préparer à une épreuve de course à pied. Voire de faire appel à un coach sportif. Mais quid de votre programme d’entrainement du cerveau? Utilisez-vous vos séances d’entrainement comme des 2-en-1: physio et psycho? Quelle est l’efficacité sur ce dernier plan?
Quelles sont les fondations de votre psychologie? Que pensez-vous de vous? De quoi pensez-vous être capable?

Prenons un exemple hors sport:
Mon fils se balance sans se poser de questions d’un rocher de 10m de haut. Il n’a aucun doute sur ses capacités.
Ma fille se place sur le même rocher, puis descend d’un cran, pour trouver le bon compromis de hauteur.
Elle réfléchit encore un peu de temps, et se jette finalement à l’eau. Elle remonte et saute sans plus se poser de questions.
Vous avez probablement expérimenté vous-même ce genre de situation.
Sauter dans l’eau ne demande pas de compétences particulières: il suffit de se laisser tomber.
Entre son 1er et son 2ème saut, ma fille n’a pas vraiment acquis de nouvelles compétences techniques.
La différence entre les 2: au premier, elle ne pensait pas être capable. Au 2ème, elle n’a plus de doute puisqu’elle vient de le confirmer par l’expérience.
(ça introduit aussi le rôle fondamental de l’émotion dans la mise en action ou non)

Cet exemple rejoint une théorie majeure de la psychologie, la théorie socio-cognitive et notamment la notion de sentiment d’efficacité personnelle (d’Albert Bandura): ce dont on pense être capable, peu importe la situation que l’on vit.
Celui qui pense ne pas pouvoir courir dans la durée hésitera à s’inscrire sur un marathon, même s’il en est physiquement capable (si vous y réfléchissez, parcourir 42km est bien plus accessible qu’on ne le pense, le nombre et les profils des personnes qui y parviennent le confirme. Peut être faut il juste revoir certaines approches et les objectifs: courir tout le long? Marcher? ….).
A l’inverse, une personne trop sûre d’elle devant une situation donnée peut avoir quelques surprises. La sagesse populaire dit “Il ne doute de rien”. Sachant qu’on ne peut pour autant absolument pas présager de l’issue favorable ou défavorable. Ca dépendra des ressources de l’individu, à la fois physiques et psychologiques.
Il y a donc un équilibre à trouver et il est totalement personnel.

Alors, comment passer de “je pense ne pas être capable” à “je pense que je suis capable”.
Il y a cette certitude ancrée que l’entrainement va permettre de développer les capacités pour courir un marathon. Nous avons tous le réflexe “Plus je me rapproche de la distance, et plus je pense en être capable”. Sur un Ironman, souvent, on veut d’abord tester chacune des distances pour se convaincre que l’on peut le faire – on en revient toujours au même point.
Pour autant, le planning physio le plus efficace n’est pas forcément axé sur le volume d’entrainement.
Doit-on avoir fait 4km de nat, 180km de vélo et un marathon pour être certain de faire un Ironman? Doit-on faire les 170 bornes de l’UTMB pour être certain de le boucler? Non. Je choisis de me rapprocher des distances « objectif » principalement pour me rassurer au sujet de ce que je pense de mes capacités « à faire ». C’est le moment où l’on rencontre les limites de l’entrainement physique.

Il existe quelque chose d’autre, de plus systématique, qui permet de faire face à n’importe quelle situation.
C’est avant tout au niveau des pensées que cela se joue: au départ de son premier marathon, il n’y a aucune certitude d’avoir effectivement les capacités à faire. Ni même au deuxième, etc…. On ne le saura qu’en franchissant la ligne. C’est autre chose qui nous pousse à l’action et nous motive.

Si ma fille avait eu une expérience déplaisante au premier saut du rocher, elle aurait probablement arrêté de sauter. En fait, elle aurait simplement renforcé l’idée qui l’a faite hésiter à sauter. On imagine que la fois suivante, elle aurait hésité encore plus.
Nos expériences fabriquent notre réalité. La réalité de mon fils n’est pas la même que celle de ma fille, même s’ils sont sur le même rocher. Il n’y en a pas une plus belle ou meilleure que l’autre. Tant qu’on est Ok avec ce qu’elle représente pour nous.
Chaque coup de bras, chaque coup de pédale, chaque foulée, chaque geste, chaque action, chaque décision dépendent de cette réalité et la manière dont nous actionnons notre cerveau.
Voilà où l’accompagnement psychologique intervient fondamentalement. Dans l’application au sport, ce rôle dépasse de beaucoup le cadre initial, et permet bien souvent une redéfinition de sa réalité vers quelque chose d’encore plus sympa.

Ce sont quelques bases de réflexion aux aspects et l’intérêt de l’accompagnement psychologique. En intégrant l’ensemble des ressources de l’athlète (internes – capacités, pensées, identité – et externes – entrainement, préparation mentale, matériel…), il lui permet « systématiquement » de s’aligner sur ses objectifs et vivre ses expériences en relation avec ses capacités. Un monde de satisfaction et de plaisir.